Qui sommes-nous ?

Ce nom saugrenu est étroitement lié à l’épopée bruyante que fût la genèse du groupe. Nous devons pour cela remonter en des temps reculés en lesquels, tous naïfs et imberbes, nous avions pour terrain de jeu un immeuble du onzième arrondissement de notre sainte ville de Paris. Bien avant qu’il nous vinsse l’idée de coordiner nos efforts pour le malheur des oreilles de nos voisins, nous nous mîmes à étudier divers instruments barbares avec acharnement. La hargne avec laquelle certains tapaient sur des tambours, martelaient des claviers, ou bien montaient le son des guitare nous fit rapidement constater à chacun qu’il y avait plusieurs musiciens dans l’immeuble. Grande fût la consternation des auteurs de ce constat lorsqu’ils virent se former cette horde de barbares aux coutumes sonores. Les premières répétitions eurent lieu en 1996, et petit à petit, une proportion non négligeable du 2 rue de la Croix-Faubin avait rejoint cette cohorte au service du blues et du rock. Après deux longues années arrosées de bière et d’accords de blues joués avec rage, nous vécume un moment épique lorsque nous décdâmes de nous produire à la fête de la muslque 1998.

 

Cependant, une grande question surgît naturellement, quel nom donner à ce fichu groupe ? Et c’est là que la lumière fût ! Ce code, que nous saisissions tous les matins et tous les soirs sur le digicode pour ré-intégrer notre cher immeuble ou nous extraire, attira notre attention de par la simplicité avec laquelle il est possible de le mémoriser ! Et notre choix fût fait. Ô plèbe ! Armée de chopes par lesquelles foisonne le houblon, c’est un moment solennel que nous t’annonçons le nom que notre sage conseil a élu : B238.

 

Nos faits d’armes ne s’arrêtèrent pas là. Nous décidames de partir à l’assaut de l’Utopia, temple du blues perdu dans les alentours de la gare Montparnasse. Cela nous prît plus d’un an, et grande encore fût notre émotion lorsque, en décembre 1999, résonnèrent dans la salle de l’Utopia, les accords gras de B238. Puis le vent souffla sur les colines et l’eau passa sous les ponts. L’Utopia était devenu une anexe de l’empire, des membres du groupes vinrent, d’autres partirent, encore d’autres revinrent… Le temps, les disponibilités, les goûts musicaux donnèrent lieu à une rotation quasi-complète des membres du groupe. Les divers déménagements firent que le nom B238 devint exclusivement un nom de groupe et ne fût plus partagé avec l’ascenseur.

 

Ces nombreuses péripéties humaines et musicales nous mirent face à une réalité : des terres encore vierges sont à conquérir. Maintes fois nous posâmes nos séants sur les sièges du Petit Journal Montparnasse pour admirer les doigts habiles et les voix gracieuses des artistes qui s’y produisaient. Jusqu’à ce qu’il nous soit offert la possiblité de nous y produire. C’est avec honneur et émotion qu’en décembre 2004, nos pieds foulèrent le sol de cette terre sainte.

 

Depuis, plus bruyant que jamais, agitant nos corps mâles sur les planches du Petit Journal, braillant en exposant ainsi nos muqueuses aux pires formes de mycose, tapant sur des tambours jusqu’à la surdité – ou pire : la tendinite, déposant des lambeaux de chairs sur les cordes des guitares comme un lépreux sur du fil à couper le beurre, nous expectorons notre joie de pouvoir, dans tant de lieux bénis par nos prédécesseurs, partager avec notre public le blues et le rock.

 

Répétant avec acharnement tous les lundis soirs depuis plus de dix ans, nous nous efforçons de mettre toute notre sueur au service de la musique et des pélerins qui nous accompagnent en nous tendant leurs oreilles. Que la musique et la bière soit avec vous noble passant !